 |
|












Link:
www.limadjari.com
|
|
Vous avez déjà pris le TGV? En 1ère classe? Ce weekend du 14 avril, atterrissage en VIP gracieusement offert par la SNCF (ce sera pas souvent que je vais dire ça car ils vont bien faire une grève dans pas longtemps, ces cons!) à Marseille pour non seulement prendre quelques jours de farniente au soleil, mais aussi faire une interview au bord de la plage (Le Prado) du groupe Lima Djari. C’est quand même plus la classe à Marseille sous un beau crépuscule que dans la grisaille de la banlieue (pauvre) française de Genève, c’est-à-dire Annemasse.
Le groupe électro-rock Lima Djari joue ce soir, samedi 15 avril, au Cabaret Aléatoire de Marseille avec en première partie un groupe naze dont je ne me souviens plus le nom et Rubin Steiner, pauvre groupe ersatz de Franz Ferdinand qui se la pète en jouant 2 fois plus longtemps que prévu. Le chanteur se permet l’audace de se balader dans le fond de la scène sous les yeux incrédules du public tandis que Lima Djari est en train de jouer. Alors Rubin Steiner peut bien aller se faire foutre pour que j’en dise du bien…
Lima Djari joue donc une heure en retard et avant de commencer le set, un gros blackout vient arrêter toute vie pendant au moins un bon quart d’heure. Pas de cul, ce soir, les Lima. Cependant il est facilement 2 heures a.m. passées et la salle commence peu à peu à se vider. Fort heureusement une poignée d’irréductibles veulent découvrir Lima Djari car, bien évidemment, ils sont inconnus dans la cité phocéenne. Ils jouent tous les titres de leur premier album «Interhôtel» ainsi que des petits nouveaux. Le public est conquis. Tant mieux…
TheFake: Depuis quand et comment s’est formé le groupe?
Tony(claviers, samples): Lima Djari ça s’est formé en 2001-2002 et au début on était en trio, il y avait Fred à la batterie, Sandra au chant et à la guitare, et moi au clavier.
Sandra (chant, guitare): Et puis on a pris Arno à la basse; donc on a commencé en 2003 tous ensemble. Et puis on a cherché des dates et puis on est resté à 4 avec basse, batterie, chant et samples.
Où avez-vous enregistré votre album «Interhôtel»?
Fred (batterie): La première maquette de l’album a été enregistrée dans un hôtel qui porte ce nom. Donc c’est pour ça qu’on a appelé l’album comme ça, et c’est là que j’ai mon atelier, c’est ce qu'il y a sur la photo au dos de l'album, à Annemasse. L’histoire découle du local que j’avais prêté à Tony. Du coup, je me suis remis à la batterie, on a jammé ensemble et le groupe est né ensuite avec à la base la rencontre entre Tony et Sandra. Et on a enregistré la maquette en 2 pistes à l’Interhôtel, et puis après on a fait un vrai album chez notre ingé’ son dans sa casbah.
«Interhôtel» est sorti en mai 2005. Qu’est-ce que vous avez fait depuis là?
Sandra: On a fait des morceaux et puis on a fait des dates surtout. Entre-temps, on a trouvé un manager à Paris qui nous a boostés pour quelques dates. Et puis on a trouvé un tourneur depuis 3 mois. Et là on enregistre un 4-titres et on a des dates qui se présentent, on joue moins dans les bars et maintenant on privilégie plus les festiv’, les salles, etc.
Vous faites un mélange de trip-hop et d’électro-rock, mais quelles sont vos influences?
Sandra: Ben, ça va de Massive Attack à des trucs plus rock. Tony vient vraiment de l’électro, Fred et Arno viennent du rock, et moi je viens plus du folk, des chanteuses avec guitares, donc je vais plus être celle qui va écouter du jazz, Nina Simone, Billie Hollyday, toute cette époque-là, j’aime beaucoup.
Arno (basse): Et puis j’aurai même mis Orange Blossom, un groupe avec qui on a joué, et on aime bien ce qu’ils font. J’ai l’impression, en même temps, qu’on écoute tous pas mal de big beat. Tout ce qui est Prodigy, Chemical…
Même notre ingé’ son commence à s’y mettre aussi, de la musique électro qui brasse un peu plus, et ça se ressent dans nos nouvelles compos, elles sont un peu moins trip-hop qu’avant.
Tony: Tu vois, au début, on nous a dit qu’on était une pâle copie de Portishead, enfin des mauvaises critiques, quoi, alors qu’on en écoutait pas.
Quels sont vos projets?
Sandra: Et ben on va finir d’enregistrer ce 4-titres…
Tony: Il y a Deluxe Production, c’est notre tourneur avec qui on a commencé à travailler, qui développe pas mal de choses, des dates. On attend des coups de cœur de plein de gens comme c’est arrivé depuis le début. Et voilà, c’est cool, quoi.
Sandra: Et puis je pense qu’à l’avenir on se posera la question, quand le 2ème album sera prêt, de voir où on en est à ce moment-là, est-ce qu’on a trouvé une prod’ ou est-ce qu’on reste en auto-prod’. Au jour d’aujourd’hui on ne peut pas te dire.
Arno: L’avenir proche, c’est surtout le maxi et de le sortir rapidement, et d’assurer les 15 bonnes dates qui tombent.
Tony: Mais c’est vraiment quelque chose qu’on a envie de sortir et on ne veut pas faire ça comme des mômes. On va graver ça à j'sais pas combien d’exemplaires, même à 3000 pour les donner aux gens, en vendre quelques uns si c’est possible... Comme, j'sais pas, à la Fnac d’Annecy, ils en ont vendu 350 en peu de temps.
Au début le mec qui s’occupait du réassort me dit: «T’en apportes 10 ça suffit», et le mec une semaine après me fait: «Faut que t’en amènes 50 par 50!» (rires).
Sandra: Alors voilà, ce 4-titres va servir à relancer notre premier album parce que près de chez nous, on le connaît; mais tu vois, il y a le reste du monde autour. S'il faut un peu voyager…
Tony: Parce qu'il n'y a aucun suivi presse. Tu vois, pour nous, tout se précipite, même le manageur à Paris, il n'a pas le temps de bosser et de prendre un attaché de presse. L’album est même sorti trop tôt, tu vois.
Quelles sont vos prochaines dates?
Arno: On fait un gros festival à Genève le 16 juin avec La Rue Ketanou et les Fils de Teupu, un nouveau festival qui débute cette année pour la Fête de la musique avec en autres les Young Gods en tête d’affiche le soir suivant le 17 juin. Et puis il y aura le 13 juillet à Montmartin sur Mer (50), le 29 juillet au Cabaret Frappé à Grenoble et puis le festival Désensablé à Excenevex (74).
Comment ça se présente ce soir, c’est quel type de soirée, les groupes qui passent?
Tony: Il y a un DJ, un groupe, Rubin Steiner, nous et un autre DJ. Rubin Steiner c’est notre première partie et ça tombe bien parce qu'on n’est pas venu de loin pour jouer devant 5 personnes. (rires)
Qu’aimeriez-vous que le public retienne de vous?
Sandra: Mes seins… (rires)
Si je puis me permettre vu que je chante et que je suis devant…comme on fait de l’électro-rock, soit, mais c’est quand même de l’électro… moi les réflexions que j’ai souvent et que j’aime bien c’est qu'il n'y a pas forcément cette distance que tu trouves dans les groupes électro genre «on est pas comme vous, on est pas pareils», donc le contact avec le public, on aime bien. On fait de la musique, on n'a pas inventé non plus des vaccins ou j'sais pas quoi. Et après, qu’on puisse se parler et que les gens la ressentent comme on la fait.
Tony: Moi je veux que le public voie qu’on s’éclate, qu’on s’arrache la tronche sur scène et qu’on est là pour se faire plaisir, putain…
D’ailleurs jouer un soir comme ça à fond et remonter le matos après dans une autre fête, ça nous est déjà arrivé et c’était même meilleur après.
Fred: Ben j’ai l’impression que les gens nous trouvent assez partageurs sur scène donc mon bonheur c’est quand on fait ça tous ensemble. C’est vrai que c’est pas évident dans la musique électro d’avoir un rapport direct. On a vu Underworld au festival de Belfort, ils ne sont que 2 et pourtant il y avait un partage indéniable avec le public et c’est ce qu’on essaie de faire en tout cas. Et puis les gens nous le rendent, je trouve. Ils ne nous connaissent pas spécialement à chaque fois qu’on joue et ça circule en tout cas, on voit que c’est un aller-retour, c’est pas un aller simple d’énergie.
Arno finissant sa conversation téléphonique…
Sandra à Arno: Qu’est-ce que tu veux que les gens retiennent?
Arno: Ooohhhh! J’en sais rien du tout…
Tony: Ta cravate…
Sandra: Il ne s’est jamais posé la question Nono…(rires) tu sais, en même temps, il est bassiste…(rires)
Tony: Et il est blond… ça marche aussi pour les hommes…(rires)
Arno: J’espère qu’il va pas retenir qu’on est hautain et qu’on n’est pas sympa, parce qu’on est super cool, on ne prend la tête à personne, on joue dans n’importe quelles conditions, on s’en branle, parce que le principal, c’est de jouer, quoi…
Tony: Allez on applaudit!
Sandra: Il s’est creusé, là! (applaudissements et rires)
Tony: Non, mais il est bassiste, quand même…(rires)
Julien Garric
|
|
|
 |
|