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www.susheelaraman.com
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Avec son dernier album «Music For Crocodiles», Susheela Raman a encore mélangé les genres en donnant à ce dernier opus un petit côté funk. Mais ne la cataloguons pas «world music» car Susheela Raman sait subtilement personnaliser sa musique à la mesure de son caractère timide et sincère. En ce samedi 22 avril aux Docks de Lausanne, Susheela Raman a su conquérir un public en recherche d’émotions. Très intimiste, accompagnée d’un guitariste jouant en acoustique et d’un joueur de tablas, SR a su transporter le public dans son monde à elle, aux frontières de la musique indienne, de la pop et du funk.
Entretien…
TheFake: Qui es-tu Susheela Raman?
Susheela Raman: Je suis un être humain (rires). D’origine indienne mais née à Londres. Je suis urbaine et en même temps je pense que je suis fortement connectée à mes racines, mes origines. Mais je suis avant tout une musicienne. Motivée par la musique. La musique est une drogue.
Peux-tu me parler de ton dernier album «Music For Crocodiles»?
C’est un album qui est principalement basé sur des chansons. Beaucoup de chansons en anglais. Il a été enregistré en Angleterre et pas mal en Inde aussi. Avec des musiciens indiens qui viennent de la même région d’Inde que moi. Je pense qu’il est très contemporain, avec des sons très urbains, il reflète beaucoup les sons de la vie londonienne et des sons fermement ancrés dans mon pays d’origine.
En écoutant tes disques et en te voyant sur scène, l’atmosphère est différente, pourquoi?
Quand tu regardes mes albums dans le passé et la façon dont on les faisait, c’était très laborieux. Cet album a pris 4 mois à faire et l’autre album plusieurs périodes échelonnées dans le temps.
Et en étant sur scène, c’est une expérience très spontanée. En fait, je ne cesse de penser à la façon dont on fait les albums, je pense que le prochain album sera plus spontané. J’essaierai de capter une essence beaucoup vivante.
Justement, comment fais-tu pour capter l’attention du spectateur?
La performance, c’est quelque chose de… très instinctif, de naturel depuis l’enfance. Je crois que c’est une approche plutôt instinctive. Ce n’est pas calculé, c’est plus… spontané!
Différents genres de musique figurent sur tes albums comme la pop, le funk et la musique traditionnelle indienne. D’où vient ce mélange?
L’aspect traditionnel de la musique vient du fait d’avoir été exposée très tôt à la musique traditionnelle indienne et ce mélange de genres vient de toutes les autres expériences et influences musicales de ma post adolescence. C’est une musique très ouverte, très libre. Je pense que ma musique est ouverte à diverses influences musicales, et qu’elle ne se cantonne pas à une seule. Bien qu’elle puise ses racines dans un genre, elle n’y est pas limitée. Donc il y a des possibilités infinies!
Quelles sont tes influences?
J’aime beaucoup la musique traditionnelle mais aussi Joy Division, Can, Captain Beefheart, Björk, Aretha Franklin, Etta James, du blues comme Howlin’Wolf, Billie Holliday. Elles sont très très diverses.
En Angleterre, tu sembles être moins connue qu’en France par exemple. Pourquoi en est-il ainsi alors que c’est ton pays d’origine?
Quand mon premier album est sorti, il y avait une sorte d’effervescence en France. Car il y avait un esprit multiculturel quand «Clandestino» est sorti, et qui est devenu par la suite très connu. Et puis il y eu une espèce d’ouverture d’esprit…J’ai été très chanceuse en France d’être plébiscitée et beaucoup encouragée par Arte, et des radios comme France Inter ou Nova. Et la chose fabuleuse qui existe en France, c’est que les radios ne sont pas cantonnées à un seul genre, elles sont très ouvertes. Malheureusement en Angleterre, on n’a pas ce genre de radios, aussi diversifiées que celles en France. C’est très ségrégateur, plus ségrégateur d’ailleurs... Sur la Radio 1 et 2 en Angleterre, il y a beaucoup de pop en général alors que sur la Radio 3, c’est plus de la musique classique et un peu de world music. Il n’y a pas d’éclectisme. L’intégration en France, de par sa politique, est plus forte qu’en Angleterre. Je pense que les communautés sont bien plus mal acceptées en Angleterre. Je ne dis pas que la vie, par exemple à Londres, est moins intéressante car elle offre d’ailleurs beaucoup d’opportunités. Mais quand la France et l’Angleterre font rentrer beaucoup d’immigrés sur leur sol, ils doivent d’une certaine façon s’en occuper et les assumer en tant que tels. Mais d’un côté, personne n’a les solutions pour les assumer. En résumé, il est vraiment difficile en Angleterre de franchir cette barrière musicale…C’est un combat permanent, un challenge! Mais j’espère un jour toucher le cœur du public anglais comme je l’ai fait auparavant en France avec Salt Rain.
Quels sont tes futurs projets?
Faire un nouvel album, ce qui me surprend moi-même, qui sortira probablement en novembre. Et on va sûrement amener des musiciens venant d’Inde et partir en tournée française avec eux.
On viendra en Suisse, comme il se doit. Et ce sera encore différent!
Photos: Thierry Grobet
Julien Garric
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