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http://www.faniarecords.com
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Né à Brooklin en 1929 dans une famille portoricaine, Ray Barretto passe toute son enfance entre le Harlem espagnol et le sud du Bronx. Après la guerre, il part en Allemagne avec un contingent Noir de GI’s et découvre paradoxalement lors de ce voyage la musique naissante de Dizzy Gillespie qui marie le jazz classique à la musique latine notamment à travers sa collaboration avec le percussionniste Chano Pozo.
Cette musique est un déclic pour Ray Barretto, qui se met, à son retour d’Allemagne, à étudier les congas et l’univers d’une musique qui appartient à ses origines. Ray Barretto, décédé cette année, deviendra une véritable figure du latin jazz au même titre que José Curbelo et Tito Puente.
En 1966, Ray Barretto fait partie des précurseurs à révolutionner la musique latine en combinant cha-cha-cha et rythm n’blues influençant directement Carlos Santana et plusieurs musiciens sud américains implantés en Californie à cette époque. Avec cet album «Acid» sorti chez Fania Records (label de musique latine culte dans les années 1960-1970), Ray Barretto rend encore plus dansante la musique latine en y ajoutant de fortes touches de rythmiques funky, ce qui lui vaudra les critiques des puristes de la musique latine. Barretto répond à ces attaques. «J’ai été Noir pendant longtemps avant de devenir portoricain. J’ai grandi à New York».
Barretto s’entoure de virtuoses oubliés. Les trompettistes Roberto Rodrigues et René Lopèz, dont les jeux n’ont rien à envier aux stars jazz de l’époque tels Freddie Hubbard ou Donald Byrd, propulsent cet album mélodiquement et apportent la touche funky que Barretto recherche. Avec les morceaux «A deeper shade of soul», et «Soul drummers», chanté en anglais, le mélange est opéré sans batterie mais avec une rage de congas indescriptibles.
Sorte de «Sergent Pepper» de la musique latine, «Acid» est un monument esthétique de groove, de passion, d’amour et de mélange culturel à l’image du dernier morceau «Espiritu libre». Un indispensable…
Label: Fania Records
Année de production: 1966
Alexis Kacimi
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