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Où sont passés le beau lit propre et les duvets qui sentent la lavande ? Et le parfum du moelleux gâteau du dimanche matin, s’est-il échappé à jamais ? Ottavia, petite fille de huit ans, vit dans une famille tout ce qu’il y a de plus bourgeois, rubans de velours et escarpins laqués compris. Entre vacances chez une grand-mère espagnole proche de Franco et papa-maman à Rome dans une maison menée par une gouvernante et une nounou, Ottavia est heureuse, pleine de fantaisie et de curiosité, et, last but not least, elle adore sa mère.
L’idylle prend subitement fin avec l’arrestation de son oncle, militant antifranquiste, à Madrid. Tout va changer au point qu’Ottavia non seulement perd tous ses repères mais finit par ne plus reconnaître ses propres parents. Que sont-ils devenus ? Des sortes de monstres enchaînant dépressions sur manifestations violentes sur discussions interminables et des milliards de cigarettes? Et elle, après avoir changé d’école, de maison et d’amis, que peut-elle devenir? L’insécurité qui pèse dès lors sur toute son existence la déstabilise au point qu’elle régresse physiquement, tout en étant incapable de mettre un doigt sur les coupables dans l’histoire. Ottavia n’est épaulée par personne, même sa grand-mère, pourtant en position de la soutenir, fait en sorte d’échapper élégamment à ses responsabilités. Elle doit donc se débrouiller seule, malgré tout toujours accompagnée du parfum à la tubéreuse de sa mère.
Le regard d’une enfant, happée par des tensions qu’elle ne comprend pas, est forcément très émouvant et nous file la rage au ventre. Sa quête désespérée d’un retour au cocon familial, à un quotidien qu’elle maîtrise, pose la question de la responsabilité des adultes qui, au nom d’un militantisme social sans aucun doute nécessaire et précieux, ont un tout petit peu oublié leur progéniture.
Très bonne lecture à vous,
oscar
traduit de l’italien par Guillaume Chpaltine, Actes Sud, 2006, 145 pages.
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