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Accrochez-vous mes petits, vous entrez dans un monde de désastres et de mensonge. Là, aucune ceinture de sécurité, même magique, ne vous sauvera. Et vous saurez ce qu’est la passion, vous comprendrez le sens véritable du verbe dévorer, vous empesterez la cruauté et le jus sauvage du sexe et de la vie.
La mère, enfermée chez elle depuis quinze ans, était auparavant une actrice adulée. Sa fille « passée » à l’Ouest lui fit subir la pire des tortures : l’interdiction de jouer. Petit tailleur noir d’Alexanderplatz ou pas, Rebeka Weér ne montera plus sur les planches. Et ne sortira plus de son appartement. Sa danse macabre coulera dès lors comme un mauvais maquillage entre les décors de Strindberg et de Tchékhov. Sauf que les souillures qui maculent la cire de son visage concernent aussi son fils, qui étouffe dans les vapeurs mandorle de maman. Mais il trouve de quoi sublimer tout ça : il est écrivain, et tellement, qu’existence et écriture ne cessent de s’emmêler. Il écrit les lettres de sa sœur, postées par des amis depuis l’étranger ; il écrit le cataclysme des sentiments sur un corps pendant qu’il en baise cruellement un autre. Il semble que le mensonge domine la partie, et cingle finalement par l’absence des mots : les cartes vides dans des enveloppes jamais postées, et un cahier blanc immaculé, oublié dans le train.
Bien sûr, il y a le décor historique des années ’80 et ’90 et ce roman n’est certainement pas à comprendre sans cette toile de fond politique répressive. Mais le tout n’est autre que le théâtre fatal, la comédie cannibale, suintante d’impostures et de cyprine, qui reste le lot de tout un chacun.
oscar
traduit du hongrois par Natalia et Charles Zaremba, éditions Actes sud, 2007, 319 pages.
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