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A l'occasion de la sortie de leur nouvel album « Father and sons » le mythique groupe de reggae jamaïcain « The Gladiators » effectue une tournée mondiale. Leur passage à Lyon le 30 octobre offrait l'occasion de faire le point sur le renouveau du groupe, quarante ans après sa formation.

A en juger par la foule amassée dans le Transbordeur de Lyon, une chose est sure, les spectacles de « Gladiators » plaisent toujours. Certes, le public est plus bigarré qu'à l'époque romaine, mais la ferveur est identique. Près de 3000 personnes attendent les combattants historiques de Babylone et trépignent d'impatience. La foule, déjà chauffée par la première partie assurée par la formation KOM ZOT, s'anime subitement avec l'entrée des musiciens.

Le groupe entame par un instrumental très « rocksteady » pour mieux préparer l'arrivée sur scène de l'empereur du groupe : Albert Griffith. Sous ses airs de vieux griot le membre fondateur du groupe conserve une énergie étonnante à bientôt soixante ans. Sa voix par contre, souvent couverte par les instruments à moins bien résisté au poids des ans. Il n'empêche que le public adhère. Les cris mêlés aux basses pénétrantes font vibrer la salle. Une épaisse fumée, 100% biologique se répand et filtre les lumières rouge vert et jaune qui éclairent la scène. L'espace d'une soirée, Lyon peut se muer en Zion (l'Afrique ou l'Ethiopie pour les rastas).

Albert Griffith semble apprécier, et alterne vieux tubes du groupe et nouvelles pistes du dernier album. Les reprises, grande spécialité des Glads, sont également de la partie. C'est d'ailleurs sur le « Roots Rock Reggae » de Bob Marley que le leader vieillissant doit s'interrompre, les cordes vocales usées. L'occasion de passer le relais à son fils, Al, qui le suppléera à l'avenir au micro. Premières notes et premier constat, la tonalité de voix est d'une effarante similarité si l'on se rappelle les premiers albums du groupe. Sur certains titres phares, tel « Bellyfull », « stick a bush » ou “ Chatty Chatty Mouth  », il suffit de fermer les yeux pour retrouver la teinte sonore caractéristique de la formation de Trenchtown.

Coté charisme le fiston dégage pas mal. Tout de jaune vêtu, bandeau au couleur de l'Éthiopie pour maintenir ses dreads il n'est pas sans rappeler un certain précurseur prénommé Bob qui lui aussi, il fut un temps effectua un tour de Babylone en bus… Mais à la différence de l'illustre Marley, Al Griffith semble apprécier démesurément les applaudissements du public à son égard. Ha fougueuse jeunesse à l'ego démesuré ! Toujours est-il que musicalement le plaisir est là et c'est bien l'essentiel. Après une bonne heure et demie d'osmose entre musiciens et public le dernier rappel intervient, et quel rappel. Les Glads nouvelle version entonnent leur hymne, reprise de l'intemporelle composition de Bob Marley, « soul rebel ». Une fin en apothéose pour un groupe dont les succès futur dépendront de la capacité de Al Griffith à voler de ses propres ailes et à créer ses propres compositions.

 

 

Le nouveau chanteur des Gladiators, Al Griffith , à bien voulu répondre a quelques questions pour The fake. Interview jamaïcaine Ina Lyon Style !!!!

FG:Al quel est ton point de vue sur l'évolution du reggae en Jamaïque?
AG
: Une nouvelle génération est en train de monter petit à petit. Les jeunes se rendent compte de l'importance de cette musique, de ce qu'elle peut apporter. Le reggae est une source de sagesse, une leçon de vie. C'est aussi un bon moyen de faire passer des messages et de les faire comprendre à le jeunesse et éventuellement de donner un sens a leur vie.

FG: Quels sont les artistes qui t'ont influencé ou t'influencent encore.
AG
: Hé bien ….. indiscutablement j'en vois un qui se dégage, vous devez voir de qui il s'agit, il s'appelle Griffith aussi.

FG: ha oui je crois deviner, son prénom c'est Albert non ?

AG: Right man, mon père m'a énormément influencé, j'ai toujours voulu marcher dans ses traces. Tu sais les Gladiators c'est une histoire de famille. Prendre le relais de mon père c'est un rêve qui s'accomplit. Peut-être même LE rêve d'une vie. Je dois également parler de Marley qui m'a ouvert l'esprit sur ce que le reggae pouvait apporter au monde.

FG: Comment as-tu géré la reprise du groupe avec ton père ?
AG: Ca c'est inscrit dans la continuité, c'était une suite logique. Les gladiators ont fait ma force , j'ai grandit avec eux. Il était donc normal qu'a mon tour, je leur donne la mienne.

 

François Guinle

 

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