Après un premier album, Le catalogue électronique , sorti en 1999 sur le label de Dj Hell International Deejay Gigolo, David Carretta revient nous pulvériser les oreilles avec Kill the Radio, album qui ravira les fans d'électro-techno.
Les treize titres permettent de nous familiariser avec l'univers de cet activiste de la scène techno française qui officie en Europe depuis plus de dix ans. Premier producteur a avoir signé sur Gigolo en 1996, il a depuis affirmé son style sur Thrust, Kobayashi, Dancefloor Killers ou encore Hot Banana. Injustement méconnu, le « gigolo » a depuis crée son propre label : Space Factory sur lequel signent D.I.P, Exchpoptrue ou encore Gigi Succes.
Revenons-en à l'album dont David Carretta orne la couverture, dans une tenue pastiche de Giorgio Moroder (petite moustache et col ouvert sur quelques poils). Les sonorités de l'album sont un mélange d'italo-disco sous acide avec de la techno indus allemande. Si on devait trouver ce qui représente le mieux son style, ce serait l'excellent So Lonely, sombre, violent, entêtant, qui rappelle Pop Corn. Les titres qui viennent ensuite pourraient être l'itinéraire d'une soirée carrettaesque où l'ambiance ne ferait que monter : ascension en puissance sur Lovely Toy qui fera hurler les férus de techno pure, Te quiero mi amor aux accents italo-disco (voire hispano-disco pour les paroles). La nuit continue d'avancer et vers deux – trois heures du matin, le dj joue The Blue Box aux sonorités rappelant la bonne techno 80. Le dancefloor chauffe, les petits clubbers hurlent en réentendant un des tubes underground de l'année 2001, Vicious Game , dont Carretta nous livre ici une version radio (titre quelque peu contradictoire avec le titre de l'album, mais bon, c'est juste pour noter, hein ?). Sans pitié pour les cœurs des technophiles en manque de beats , il cale Extreme Body qui ressemble quand même pas mal aux productions de son collègue The Hacker. Il est 5 heures du mat' et tous ont mal aux pieds, sont un peu fatigués, c'est alors le moment de jouer Ta liberté c'est ça, qui, instantanément, redonne la pêche à tout le monde.
Seule petite ombre au tableau, les morceaux de Carretta ont les paroles si adolescentes et si peu recherchées qu'elles font perdre aux morceaux une certaine crédibilité. Peut-être faut-il y voir là un hommage au second degré des morceaux italo-disco de la grande époque… Mais avouons quand même que : « toute valeur est relative à nos pulsions dans le cerveau / et l'âme n'est plus tout à fait reliée à lui / toutes nos relations sont annulées / à l'instant où tu jouis en même temps que notre amour est né» ne va pas révolutionner la philosophie contemporaine…
Après tout, qui demanderait à David Carretta de faire de la poésie ? Ce qu'on aime, c'est qu'il retourne le dancefloor en même temps qu'il secoue sa noire chevelure… Kill your radio, rengaine hypnotique…
A l'occasion de la sortie anniversaire du Gigolo 150, petit tour d'horizon des récentes sorties du label, à posséder absolument. L'excellent maxi de Play Paul, Love Song , aux paroles house mais où l'évolution du morceau est digne d'un Laurent Garnier. Et le remix par Dj Hell du Justice, Never Be Alone , qui réinterprète le morceau pour lui donner une dimension plus club, « because we are your friend, you'll never be alone… »