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Kings Of Leon “Aha Shake Heartbreak” - rca/ bmg

Après la terrible et inévitable réélection de Bush, nous sommes en légitimité de diaboliser l'Amérique et l'image qu'elle nous renvoie. Mais je vous demande d'être indulgents avec un jeune groupe américain, les Kings of Leon.

Tout démarre avec leur grand retour dans leur ville de Nashville, au Tennessee, pour composer afin d'oublier lassitude, mélancolie et ivresse en tous genres. La vie d'artiste leurs manquait et ils sont parvenus à un travail étonnamment prolifique puisqu'ils ont réalisé 12 chansons en une semaine. Aussitôt écrit, ils sont partis pour Los Angeles.

Au programme : soleil, plage et cocktails tropicaux. Malgré ce cadre paradisiaque, l'innocence et la joie de vivre ont disparu pour laisser place à une certaine détresse qui règne également dans une bonne partie de l'album. Emanant de l'Amérique profonde, ces fermiers du rock sont un groupe consanguin et insolite puisqu'il est composé de trois fils d'un pasteur pentecôtiste plus un cousin germain.

Les Followill, chouette famille quand même. Avec barbe (seulement le batteur), grosses lunettes à la Keith Richards, yeux hagards et pantalons rétrécis, les Kings of Leon s'éloignent du rock sudiste de Creedence Clearwater Revival pour adopter un format pop et aseptisé ; ce qui devrait ravir les fans des Strokes. « Slow night, So long » ouvre l'album. Basse chaude et son vintage. Avec son timbre de voix rauque et rugueux, Caleb Followill est totalement incompréhensible tant son accent est traînant. Mais les Kings of Leon convainquent avec des titres comme «King of the Rodeo », « Pistol of Fire” et « Razz ». Juste une remarque esthétique : pourquoi ont-ils coupé leurs moustaches qui leurs allaient si bien?

website: http://www.kingsofleon.com

Julien Garric

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