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Histoires d'amour et de mort, d'abandon et de deuil. Deux récits, l'un à Berlin, l'autre à Philadelphie, apprivoisent le silence et l'absence, questionnent nos défenses et reconstructions dans une solitude urbaine, ainsi que dans la perte, physique et psychique, des êtres chers.
Kaspar, entre Potsdamer Platz et Kreuzberg, fait vivre ses souvenirs de Roman et entretient avec douleur et art sa cicatrice, à jamais perceptible ; il use de tous les détours et artifices pour se convaincre de sa capacité à oublier. Son deuil le hante, il se sonde sans cesse et se retrouve dans un dénuement auquel il est ardu de donner un sens véritable. Faut-il remplacer, combler la lacune, ne plus sentir de manque? Peut-on laisser son esprit élaborer des rencontres impossibles, refaire les gestes complices d'antan? Que faire en réalité de sa colère? C'est en reprenant le rôle de Roman dans L'Amour de Phèdre de Sarah Kane que Kaspar trouvera la force de pouvoir envisager quelque chose de définitif, de scandaleux et d'indépassable dans sa douleur, mais aussi dans celle des autres. Et ainsi, de la force pour s'abandonner enfin à un peu d'apaisement.
Le récit du jeune Andrew est aussi une quête de soi. Il fuit son entourage et s'offre au monde en contre-exemple de toute réussite ou ambition sociale. Se réfugiant chez un couple d'amis, il finit par trouver du travail dans un bar de strip-teaseuses. Andrew cherche l'essence du départ, le vocabulaire de la disparition ; il cherche à pouvoir exprimer sa propre émotion, pour l'instant cachée, comme recouverte de cette neige blanche, intacte de Philadelphie. Et pourtant Andrew observe, intensément, et le sens de sa vie se dévoilera comme un rythme, qui au premier abord semble accessoire, mais en réalité est la substance-même de l'existence.
par : oscar |