C. Jérôme disait : « Kiss me as you love me, prends un coca et assieds-toi. ».
Brian Mc Cabe, lui, parle plutôt de whisky et du fait de rester debout.
Bienvenue sur Knoxland est un recueil de nouvelles, comme un assemblage de plusieurs points de vue, qui sentent l'Ecosse.
Des récits hétérogènes, de la rencontre d'un agoraphobe et d'un homme à deux têtes, aux pensées d'un journaliste qui teste divers implants génétiques génitaux, en passant par le trajet d'un vigile de supermarché, les histoires se suivent et diffèrent. De l'anecdote concernant une partie de snooker narrée par l'un des protagonistes, à la visite d'un prêtre dans un salon de massage, les sujets et les styles se mêlent, sans que cela détone.
Le (ou les) narrateur(s) nous parlent de l'histoire d'une femme qui rend visite à son fils dans un institut spécialisé et qui rencontre un jeune homme se prenant pour Dieu, de celle d'un paraplégique qui attend que l'on s'occupe de lui pour le faire descendre les quelques marches qui le mèneront au sauna, ou encore de celle d'un jeune homme qui s'improvise dialoguiste hurlant dans un cinéma pour faire rire sa copine.
Les voix sont différentes car les situations divergent. On ne raconte pas de la même façon les aventures d'un jeune garçon curieux, l'existence du site presbytérien le plus chaud du Web, et le rendez-vous galant d'un publicitaire avec sa femme. Cependant, si toutes ces histoires ne se ressemblent pas, toutes ces voix possèdent un accent. Un bel accent. Sous des apparences brutes, des regards rient silencieusement.
Les traductrices (Emmanuèle Sandron et Alexandra Tubiana) ont su garder la couleur particulière et la saveur de tourbe d'un Glen. Cet ouvrage est donc à consommer sans glaçon.
Brian Mc Cabe a distillé pour nous les péripéties parfois intérieures de ses personnages et nous invite à boire. Ça ne se refuse pas.
Cheers, donc, et le premier (ou la première) qui met de l'eau dans ce whisky aura affaire à moi.
Mervyn
Brian McCabe : Bienvenue sur Knoxland
Traduit de l’anglais (Ecosse)
Edition Le passeur
2004, 244 pages.