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Mr good guy !!

Après la sortie, il y a quelques mois, de leur deuxième album « Between the lines », Sweet Apple Pie nous livrent ce mois-ci quelques ingrédients de leurs recettes magiques. Pour qui voudrait se lancer dans une aventure pop, on peut retenir des Sweet Apple Pie la simplicité, le fun et l'énergie d'un groupe amateur qui est pourtant professionnel. Oui, il n'est pas donné à tout le monde d'avoir des compositions de grande classe mais c'est le secret de leurs recettes !! Ménagères et cuisiniers du Rock'n'roll…..A table !!

Qui sont les Sweet Apple Pie?
Fanny : « Après avoir testé plusieurs formations, le groupe est aujourd'hui composé de quatre personnes : Laurent (guitare-chant) et Gilles (basse-chant), qui sont les membres d'origine, puis Sylvain (batterie) et moi-même (claviers-chant). La bonne formule semble enfin avoir été trouvée. »

D'ou vient ce nom qui sonne très Liverpool'67?
Fanny : « Eh bien, c'est un nom qui a sa petite histoire… Il fait référence à un titre des Beatles (mais lequel ?) , c'est vrai. Mais, en même temps, au moment où on a choisi ce nom, on jouait une musique assez speed et justement pas forcément très douce. L'idée du contraste entre notre nom et notre musique nous plaisait assez. Depuis, on s'est un peu apaisés (un peu) , le contraste est moins flagrant… sauf peut-être si tu viens nous voir en concert. En tout cas, le nom est resté. »

Et d'ailleurs d'où vient cet amour des sixties?
Fanny : « Disons qu'on a été élevés au son des craquements de vinyles… La musique a toujours été omniprésente dans nos vies, depuis le début. Nos parents nous ont transmis cette culture-là mais notre amour ne se cantonne pas aux sixties ! Je crois qu'il y a du bon à prendre dans chaque décennie, et dans des styles de musique aussi variés que punk, jazz, électro, soul… Ne soyons pas sectaires ! »

Qui compose dans le groupe et comment se passent vos sessions d'enregistrements?
Fanny : « Jusqu'à présent, c'est Laurent et Gilles qui composent tous les morceaux du groupe. Pour ‘Between The Lines', les morceaux ont été amenés par Laurent ou Gilles et on les a travaillé tous ensemble. Suivant le degré d'aboutissement des démos, certains morceaux sont sortis tout seuls et d'autres ont été remaniés jusqu'à la version finale. Sur le prochain album, il y aura probablement des titres à moi aussi. »
 

Quelle est l'ambiance dans le groupe après la sortie, il y a quelques mois, de votre deuxième album?
Fanny : « Elle est meilleure que jamais ! En réalité, entre l'enregistrement de l'album et sa sortie, on a changé de batteur, ce qui n'est pas rien… C'est un petit bouleversement qui a été bénéfique pour nous puisque je crois qu'on est tous très heureux maintenant… Le nouveau groupe se met en place progressivement et correspond vraiment à nos attentes. En plus de ça, on a créé notre propre structure ‘Supertiger Productions', ce qui nous permet d'être plus autonomes et d'avoir le contrôle total sur ce qu'on fait. Bref, on est bien remontés, prêts à défendre notre nouvel album, mais déjà impatients de s'attaquer au suivant ! »

Les Sweet Apple Pie jouent du Rock'n'roll mais sont-ils rock'n'roll dans la vie de tous les jours?
Fanny : « Rock'n'roll ? Non, le Rock'n'roll c'est pour l'image, nous on est plutôt cha-cha-cha et tisane au miel... »

Vous jouez beaucoup en Espagne et en Angleterre, les gens sont-ils plus réceptifs à votre musique qu'en France?
Fanny : «  Non, je crois qu'on a un public en France qui est bien réceptif à notre musique, c'est ce qu'on constate en général pendant nos concerts… Le problème c'est que ce public-là a moins facilement accès à notre musique. En Espagne, par exemple, on a été très rapidement invités par des gros médias nationaux (radios, TV), milieu qui est beaucoup plus fermé en France. Il y a un côté très institutionnel et protectionniste ici par rapport à la chanson française.

En Angleterre, la culture musicale fait qu'on a plus de facilité à trouver des dates, même si, au début, les gens se demandent à quoi peut bien ressembler un groupe de rock froggy… Ils sont souvent surpris ! »

D'ailleurs vous allez jouer au Cavern Club de Liverpool (je crois que c'est la deuxième fois), quel sentiment avez-vous par rapport à ce lieu mythique tout comme la masterisation de « Between the lines » à Abbey Road?
Fanny : « A vrai dire, c'est le festival IPO (International Pop Overthrow) qui nous y invite… Il a lieu à Los Angeles, San Francisco et New York chaque année. On a été invités à venir jouer aux USA plusieurs fois mais ça n'a jamais pu se faire. Depuis deux ans, le festival a aussi lieu au Cavern Club de Liverpool, et donc on va y retourner cette année. C'est vrai que c'est un lieu mythique, mais c'est surtout une bonne salle et des gens décontractés.

Pour ce qui est du mastering de ‘Between The Lines', la question s'est posée quand on était en train de l'enregistrer. Notre expérience française du mastering pour l'album précédent n'ayant pas été vraiment à la hauteur de nos espérances, on s'est naturellement tournés vers l'Angleterre, ce qui semblait mieux correspondre à notre son. Et voilà, on a fini par penser aux studios d'Abbey Road… Une très bonne expérience, on est tombés sur des gens hyper bons et plein d'humilité, qui n'essaient pas de se mettre en avant à tout prix mais se mettent au service de la musique… »

 

Quand on parle de Toulouse, on pense surtout à Zebda, mais vous êtes la preuve qu'une scène pop existe. Pouvez-vous me parler de cet underground rose?
Fanny : « C'est vrai qu'il n'y a pas que des groupes de rock festif sur Toulouse. Ceci dit, on ne peut pas vraiment parler de scène pop étant donné que beaucoup de groupes sont dans notre cas et ne jouent que rarement à Toulouse… Finalement on se connaît assez peu les uns les autres. »

Une petite question politique, quelle serait la loi que vous feriez passer au Parlement si vous en aviez l'occasion?
Fanny : « Vaste question ! Beaucoup de choses seraient différentes si on avait ce pouvoir… En ce qui nous concerne, dans le milieu de la musique, je commencerais par virer les limiteurs sonores dans les salles de concert. »

Quels sont les disques qui ne vous quittent jamais quand vous partez en tournée?
Fanny : « N'importe quel Elliott Smith. »

Quelques mots d'Apple Pie pour cette dernière question de libre expression?
Fanny : “Enjoy life and SAP !”

Alexis Kacimi

 

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