Jean-Louis Murat, Fred Jimenez, Jennifer Charles « A bird on a poire » (Labels)
Il fallait tôt ou tard aborder le cas Murat. Avec un ego digne des frères Gallagher - ce qui est peut-être un compliment - Jean- Louis Murat reste probablement le meilleur songwriter français de la dernière décennie. Trop souvent tenté par le diable d'une chanson française en manque d'inspiration, Murat apparaît cette fois-ci en ange pop démoniaque.
Aujourd'hui, en 2004, Murat a mûri en poire sucrée. Ajoutez à cette métamorphose, deux magiciens : Fred Jimenez, un ancien dragon de Burgalat, et Jennifer Charles, une charmeuse popiste ; un classique est né.
Le premier a composé toutes les pastelles sonores en apportant sa plume sur presque tous les instruments. La seconde brode une dentelle vocale délicate sur des mélodies nostalgiques, quoique coquines. « Mon pauvre ami, vous baisez trop, mon pauvre ami vous bandez trop. »
« Monsieur craindrait les demoiselles ? » Dans ce disque, il faut choisir entre un « french kissing » et « une orgie de sainteté », entre un Rhodes sentimental et un son de basse « En Mélody ». Murat dandy ?
Arrangements gainsbourgiens fin 60's, humour, simplicité et bisous pop, « A bird on a poire » est un câlin amoureux qui fait vivre l'insouciance.