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Bleu Blanc Punk ?

Monument de l'alternatif français, les Wampas brûlent encore leur punk rageur 20 ans après leur début. Aujourd'hui, ils sont les derniers survivants d'une génération de révoltés et rock n'roll dans ta gueule pour qui voudrait se mesurer à la classe « yéyé punk » de Didier Wampas.

Humaniste et revendiquant son amateurisme comme fer de lance de sa réussite, Didier Wampas est en quelque sorte le Joe Strummer français, devenu le sage punk de toute une scène musicale. A Chambéry, l'artillerie Wampas était au rendez-vous pour des instantanées de deux minutes aux distos terriblement sexy.

Résultat : hystérie générale et tant mieux pour les voisins « rock n'roll is not dead!! ». Arborant le maillot de foot de la Jamaïque , Didier Wampas m'est apparu humble et heureux de vivre. Les punks vieillissent décidément mieux que les hippies…PUNK OFF!!!!

Apparus au début des années 80, comment les Wampas se sont formés alors qu'en France on avait à peine digéré la philosophie hippie?
Didier Wampas : « Au début, on était pas beaucoup à écouté du punk en 77, le temps de trouver des mecs qui avaient les mêmes goûts que toi, ça a pris du temps. C'est pour ça que le punk français est arrivé avec dix ans de retard sur le punk anglais. »

Comment ont décollé les Wampas?
DW : « On a toujours été un peu culte mais c'est vraiment depuis le dernier album qu'on passe à la radio. On a vendu dix fois plus de disques , je ne m'attendais pas à ce que ça prennent cette ampleur. »

Et Manu Chao dans tout ça?
DW : « Oh Manu, je le connais bien. Il a beaucoup de talent et il est resté sincère depuis ces débuts avec Hot Pants. Même si je ne suis pas d'accord avec lui sur tout, j'ai de l'estime pour ce gars. Il a toujours eu beaucoup d'ambitions.

Avec toute les formations qu'on eu les Wampas, tu n'a jamais pensé faire une carrière solo?
DW : « Non, je fais de la musique pour les Wampas. Il y a des fois ou j'ai eu envie d'arrêter mais je n'ai jamais eu de projets annexes. Et puis tu sais on finit toujours par remonter le groupe qui nous a fait connaître. Je ne crois pas à un autre projet en ce qui me concerne. Depuis deux trois ans les vieux groupes se reforment et c'est pas pour rien. A mon avis la meilleure solution est de persévérer avec un groupe, il faut tout donner. Regardes Chirac il a persévéré et il s'est fait élire à plusieurs reprises, il y a peut être que pour ça qu'il est un exemple ! ! (rires). Mais d'un autre côté j'ai vu la re-formation des Sex Pistols, et c'était horrible, Rotten infâme ! ! »

Tu vends plein de disques mais tu bosses toujours à la RATP , tu peux nous expliquer cette conception amateur du rock?
DW : « Je viens du punk 77. Je ne prétends pas être un artiste et je veux toujours avoir des arrières financières pour être totalement libre musicalement. Je me fais virer d'une maison de disques, c'est pas grave je n'ai pas besoin d'argent provenant de la musique pour vivre. Je n'ai pas la hantise de me demander quand j'enregistre un disque s'il va vendre. En plus j'ai des gosses et je ne peux pas me permettre d'être instable financièrement. J'ai plu envie de galérer et vivre dans des squats. J'ai vu plein de groupes arrêter à cause de ça, au bout d'un moment tu ne peux plus vivre avec 3000 balles par mois ! »

Les Wampas, un groupe de scène ou de studio?
DW : « La scène s'est magique mais la vie en tournée ne me fait pas rêver. C'est pas un métier pour moi d'être sur scène donc je fais tout pour captiver les gens. Tout les soirs, j'essaye de faire des trucs nouveaux, je ne veux jamais que ça soit pareil. Mais d'une manière générale, j'ai un peu l'impression de tourner en rond. En studio sans être pessimiste (rires), je n'ai pas fait grand chose. Quand j'écoutes des disques de ma collection qui sont géniaux, j'ai l'impression d'avoir rien fait. J'ai cependant toujours des projets d'albums, le rock n'roll c'est ma vie. Cette musique m'a donné envie de vivre!!

Qui écrit les paroles?
DW : « Je n'écris pas de paroles. Les paroles sont secondaires dans notre musique. Pour certains albums j'ai écrit moi même les paroles cinq minutes avant d'enregistrer le chant en studio. Nos paroles parlent de tout et de rien, à vrai dire je m'en fous du sujet de nos textes. »

Après toutes ces années ça t'a fait quelques chose d'être nommé aux victoires de la musique?
DW : «  Ca m'a fait rire. Moi je suis quelqu'un d'ordinaire et aller jouer dans ce genre de truc avec la musique que je fais et la manière dont je joues de la guitares, ça m'a vraiment fait rire. Tout de manière personne ne se rappelle qui a gagné d'une année à l'autre. Mais c'est drôle quand je me vois jouer la dedans, c'est tellement absurde. En plus, je n'ai jamais rien fait pour que le groupe marche. Cependant je ne refuse rien, j'assume complètement. »

La starac?
DW : « Des fois je me demande, mais je crois que j'irai, c'est tellement décalé par rapport aux Wampas que ça m'amuse. »

Quels sont les groupes du moment qui t'intéresse?
DW :  « Les Strokes et les White Stripes sont excellents. En France il y a plein de bons groupes underground. J'ai bien aimé Motocross un groupe haut savoyard qui a fait notre première partie. Mais d'une manière générale le rock me fait moins rêver aujourd'hui. Tu vois j'ai joué dans les même festivals qu'Iggy Pop et les Cramps, des groupes dont je suis fanatique et la magie n'y est plus. Tu ne peux pas leur parler , tu ne peux pas regarder leurs balances. Mon mythe rock n'roll s'est un peu cassé vis à vis de cet esprit. »

Ton groupe de tout les temps?
DW :  « Les Ramones ont définitivement changé ma vie. Mais je ne suis pas resté fixer la dessus. Depuis 10 ans, j'écoute du classique et j'ai des émotions avec cette musique. Des musique comme le rap et le trip hop, je les comprends et je les respecte mais je ne tripe pas du tout dessus. »

Quelques points de sociétés à présent:

  • La hausse du prix du tabac : DW :  « Je suis pour »
  • Plus de radar sur la route : DW : « Je suis pour »
  • Le mariage homosexuel : DW : « Je suis pour »

Et que penses tu du racisme actuel ?
DW : « Je suis profondément choqué par l'antisémitisme d'aujourd'hui. Je suis contre l'interdiction du voile et la laïcité montre vraiment ces limites. J'habite à Paris dans le quartier juif orthodoxe et j'ai des amis pourtant de gauche qui sont choqués par les traditions vestimentaires de ces personnes, qu'on les laisse vivre!! 

Alexis kacimi

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