A presque 70 ans, Lee Perry demeure l'une des dernières légendes vivantes du reggae. Un mythe carrément fringant en regard de l'énergie qu'il dégage sur scène... Comme il se définit lui-même, Le "docteur musical" semble avoir trouvé la recette de la jeunesse éternelle. Une raison de plus pour questionner docteur Scratch. A l'occasion de son passage au transbordeur de Lyon, il délivre une ordonnance pour The Fake. Ina Lyon Style...
TheFake: Lee, vous avez travaillé avec de nombreux musiciens tout au long de votre carrière. Parmi eux, quel est celui qui vous a le plus marqué?
Lee Perry: C'est vrai, j'ai rencontré du beau monde, Junior Murvin, Mad Professor, Curtis Mayfield... J'étais comme un professeur pour eux, mais un seul pensait comme moi, le meilleur d'entre tous pour moi: Bob Marley. Il était talentueux, bon compositeur, réfléchi, c'était un bon "rude boy".
A l'heure actuelle, y a-t-il une personne avec qui vous aimeriez travailler?
J'aime bien Alpha Blondy, il est d'un autre niveau culturel, il a une "vibration" différente des autres. J'aime bien son état d'esprit, j'aimerais soigner les gens par la musique avec lui... J'envisagerais de travailler avec Nina Haggen ou Kate Bush mais elles n'ont pas su saisir l'opportunité quand elle s'est présentée. (modeste le doc..)
Quel est votre regard sur l'évolution de la musique jamaïcaine?
Pour être honnête, la grande majorité des musiciens d'aujourd'hui a perdu son énergie. Ils n'ont plus l'amour de la musique. Je le regrette mais je trouve que la qualité régresse et que l'esprit de compétition prédomine de plus en plus. Les vrais rastamen, ceux qui défendent les dreads, l'esprit de Jah, se font rares.
Enfin, pour un globe trotteur comme vous, quel est l'endroit dans le monde que vous préférez? Ha... La Jamaïque bien sûr est dans mon coeur à jamais. Mais il y avais trop de problèmes là-bas, de violence notamment.
Alors j'ai choisi de m'exiler en Suisse où il fait bon vivre. J'avoue cependant avoir un faible pour Amsterdam, you know why...