The Dears « No Cities Left » (Bella Union /V2/Chronowax)
The Dears. Intriguant, romantique et stratosphérique, dirais-je. « No Cities Left » est le deuxième album de ce groupe canadien féru de Serge Gainsbourg, des Smiths et de Isaac Hayes. Mystérieux et d'une bonté insolente, le groupe jouit d'un chanteur qui présente ses chansons comme un florilège, un recueil de poésies. D'une beauté surréelle et angélique, on ne saurait être insensible à l'écoute de sa voix tant elle caresse harmonieusement l'ensemble musical.
Retraçons le parcours de ce chanteur si atypique dont on perçoit toute la souffrance et la détresse nichées au plus profond de lui-même. Fils d'un père saxophoniste de jazz, Murray S. Lightburn grandit dans un quartier pauvre où il connaît le racisme et la drogue. Il parvient peu à peu à s'extraire de ce milieu grâce à ses … chansons. The Dears est en quelque sorte la rédemption de la brit-pop disparue depuis les pionniers qu'étaient Blur et Oasis. Ils ont l'audace et l'ambition de composer des chansons que plus personne n'ose et même ne sait écrire en Angleterre. Cet album s'écoute donc chez soi, en regardant par la fenêtre la pluie tomber et inonder les rues insalubres et jonchées de mégots de cigarette, le tout avec une tasse de thé à portée de main. Il existe donc encore des êtres humains qui sont capables de livrer leur passé par le biais de la musique comme si celle-ci représentait un exutoire. Allez, bonne année 2005 ! Je m'aperçois avec bonheur que la brit-pop n'est pas morte…