Lorsque ma pote Nathalie m'a demandée si je voulais aller au cinéma avec elle et son ami, j'ai répondu: « oui, bien sûr! » J'ai ajouté que je voulais voir le dernier Ridley Scott ( Kingdom of Heaven ) ou un bon film d'horreur ( Saw ). Alors, qu'est ce qui m'a poussée à aller voir Man to man? Cela ne vous est-il jamais arrivé d'aller au cinéma juste pour vous détendre et pas pour voir un film? Cette question me semble idiote. Mais c'est celle qui m'est venue à l'esprit lorsque je suis sortie du cinéma cet après-midi là. On peut reconnaître à Man to Man de Regis Warnier au moins cette qualité: il nous fait nous poser beaucoup de questions. Par exemple, comment un producteur peut-il donner de l'argent à un réalisateur pour réaliser un film aussi mauvais? Où Regis Warnier a-t-il trouvé un directeur de la photographie aveugle? Pourquoi la musique de fond, si jolie soit-elle, ne s'arrête-t-elle jamais?
Le sujet du film est louable: comment les méchants occidentaux ont-ils enlevés quelques pygmées puis les ont étudiés pour en conclure qu'ils étaient le chaînon manquant entre le singe et nous. Sous ce couvert scientifique, le film est une vague histoire de bien (gentil docteur qui sait que les pygmées sont des hommes) et de mal (méchants docteurs qui croient savoir que les pygmées sont incapables de réfléchir). Caricatural et inintéressant. Les acteurs surjouent (sauf Kristin Scott-Thomas), la musique est trop présente, les mêmes plans sont réutilisés à outrance, la lumière est mauvaise. Un film faussement révolutionnaire et sans émotion, dans lequel seuls les pygmées jouent bien.