Quelques gouttes de hip-hop, une bonne dose de soul, le tout sous influence funk, Tahiti 80 est de retour avec un troisième opus, Fosbury.
Avant de s'envoler pour le Japon, les 4 potes de Rouen ont reçu TheFake quelques heures avant leur set lyonnais. Entre deux petits fours, Xavier Boyer, chanteur et compositeur du groupe, nous dit tout sur la sauce Tahiti 80 et pourquoi elle a tant de mal à prendre en France.
TheFake: Pour ce nouvel album, avez-vous l'impression que le public français sera plus au rendez-vous que pour les précédents?
Difficile à dire pour le moment. Ca a l'air d'aller pas trop mal, on a de bonnes critiques et les gens qui viennent nous voir pour la première fois ne sont jamais déçus. Mais en France, c'est toujours un peu difficile.
Comment expliquez-vous cette difficulté à séduire le public français, alors que vous cartonnez à l'étranger ? L'éducation musicale des français serait-elle différente de celle des américains?
Oui, c'est sûr. En France, les revues musicales sont assez limitées. Il y a d'un côté le mag rock pour ados et de l'autre les Inrockuptibles, mais qui ne s'occupe pas que de musique. Il manque peut-être un magazine qui soit plus général, qui ait une vue d'ensemble. Et puis je crois aussi qu'on a des accords et des sonorités qui peuvent surprendre, les Français n'ont pas l'habitude d'entendre cette musique. En plus, la mode en France est d'attacher une grande importance aux paroles et on ne chante pas en français...
Vous n'envisagez donc pas de chanter en français?
Non, parfois sous ma douche il m'arrive de chanter du Dutronc, mais ça s'arrête là. Depuis le départ, le groupe fait de la pop anglo-saxonne, chanter en anglais ça fait partie du truc. Mais beaucoup de groupes non anglo-saxons font aussi le même parcours, les Suédois des Cardigans, par exemple. Je pense que faire cette musique en venant de l'étranger est une chance. On apporte quelque chose en plus, la culture de notre pays d'origine se répercute forcément sur nos chansons. Mais c'est vrai que c'est aussi un inconvénient puisque le public français est difficile à saisir. A côté de ça, on a un très large public ailleurs, alors...
Est-ce qu'il vous arrive de retourner jouer à Rouen?
On y a été récemment. C'était très sympa mais c'est un peu bizarre car on voit des gens qu'on ne connaît absolument pas. En fait, on connaît mal les pubs de Rouen. A l'époque quand on y habitait, on pensait déjà à partir.
Pour en revenir à votre 3ème opus, sur votre site, vous proposez au public de télécharger les différentes composantes de Changes pour les remixer, comment est né ce projet?
L'idée était de faire participer le public à quelque de chose de créatif. De plus en plus de gens ont le matériel pour mixer, alors on trouvait marrant de leur proposer un titre. On a eu l'idée de lancer un concours de remix sur la chanson Changes parce qu'elle s'y prête bien, elle est assez électro.
Et qu'est ce que recevra le gagnant?
On donnera le nom du gagnant le 2 juin à Paris, à la Maroquinerie. L'heureux élu pourra enregistrer son titre. Mais bon, aujourd'hui on a reçu trente propositions et je ne sais pas trop comment on va faire pour les départager. Je sais déjà qu'il y a plein de choses vraiment bien. Il y aura sans soute plusieurs gagnants... on ne sait pas encore.
Toujours sur votre site officiel, on trouve une allusion à Brian Molko, c'est quoi l'histoire?
En fait c'est une blague. Plusieurs personnes m'ont dit que sur le clip Heartbeat j'avais une coupe à la Brian Molko. Alors j'ai lancé un appel sur le forum à tout ceux qui voulait voir Brian Molko.
Plus sérieusement, je suis en train de chercher une nouvelle coupe de cheveux. D'ailleurs, peut-être que le prochain concours sera de me proposer des coupes. Si un modèle me convient, c'est promis, j'irai chez le meilleur coiffeur.