Dada souffle sur le Centre Pompidou à Paris jusqu'au 9 janvier 2006, ce courant de destruction et de négation des années 1916-1924 emporte sur son passage une foule de curieux venus découvrir l'un des mouvements les plus marquants de l'avant-garde historique dans la plus grande exposition organisée depuis 1966. C'est un événement exceptionnel grâce à la présentation de plus de 1'000 œuvres de pas moins de 50 artistes (peintres, sculpteurs ou encore photographes) qui propose un tour d'horizon des expressions Dada de Berlin à Paris, de Zürich à New York.
« A priori c'est- à-dire les yeux fermés. Dada place avant l'action et au-dessus de tout : Le doute. Dada doute de tout. Dada est tatou. Tout est Dada. Méfiez-vous de Dada ».
A une époque où la guerre faisait rage en Europe, les artistes, des musiciens aux écrivains et plasticiens, se rassemblent, se rebellent, proclament leurs mépris pour les valeurs en place et le sens préétabli. La liberté existe, elle est absolue et s'impose même dans l'art, auparavant si soumis aux codes et écoles.
« Souscrivez à Dada, le seul emprunt qui ne rapporte rien ».
Le mot Dada est la parole qui exprime si bien l'essence de cette énergie artistique, un mot qui ne signifie rien en soi mais qui est si porteur de sens. Tristan Tzara dans son Manifeste Dada 1918 , prône ainsi le principe de contradiction, le paradoxe, le non sens. On s'empare des nouveaux médias, tels que photographie, cinéma ou enregistrements sonores, on les triture, on s'affranchit de toute convention pour laisser s'exprimer les sensations et émotions.
« Dada se charge de la police à pédales et de la morale en sourdine ».
L'esprit Dada bouillonne, il déferle sur le monde artistique du moment, marqué en 1916 par la fondation du Cabaret Voltaire à Zürich. Jean Arp, George Grosz, André Breton, Paul Eluard, Marcel Duchamp, Francis Picabia, Tristan Tzara en incarnent des figures marquantes.
« Dada met une douceur artificielle sur les choses, une neige de papillons sortis du crâne d'un prestidigitateur ».
L'exposition est organisée en une quarantaine de cellules, dédiées à un artiste, lieu, thème ou événement marquant de Dada. Goûtons aux déambulations à travers une immense grille, évoquant le jeu d'échecs si cher des dadaïstes, et savourons ce mémorable mets artistique.
« Dada est le bonheur à la coque».
Julie
Dada, Centre Pompidou, Paris du 5 octobre 2005 au 9 janvier 2006.
Exposition ouverte tous les jours,
Sauf le mardi, de 11h à 21h nocturnes les jeudis jusqu'à 23h
10 euros, tarif réduit : 8 euros
Infos sur www.centrepompidou.fr
Citations de Tristan Tzara.