Et voilà que Sattouf s'explose les points noirs contre le miroir…
Vous savez bien comme l'ado qui flippe d'être défiguré par son acné à la veille de la boum de fin d'année. Ici même combat, le jeune bédéiste s'offre un petit séjour chez nos amis les boutonneux. Dans son « Retour au Collège » Riad Sattouf se retrouve immergé dans une classe de 3ème, une manière d'exorciser ses années Collège.
Car voilà le grand Riad est un traumatisé du collège. A 13 ans Riad le petit cette fois était un beau looser, du genre à se faire casser les lunettes à la recré et à être joliment ignoré par les demoiselles à la poitrine naissante. A 27 ans le dessinateur est encore un peu Ring' mais suffisamment doué pour faire de ses histoires de naze de bonnes bédés.
Pour en finir avec ce passé peu glorieux, pour oublier son « club des pédés » et surtout pour se prouver que maintenant il est un grand il décide de nous livrer une belle galerie de portrait : La poupouf, l'ado paumé, la rebeu coincée, le fils à papa réac' et le bouffon au caleçon qui dépasse, voilà la photo de classe de ce «retour au collège».
Ce grand ado un peu gauche de Sattouf va donc user ses fonds de culottes pendant 15 jours dans un des collèges les plus fils à papa de Panam'. Là-bas les gamins écoutent le dernier Jenifer en boucle sur leur I Pod, portent des jean's dont la marque rappelle celui d'un carburant et traînent leurs Converse à la cafet'.
Chez ses ados-là, le string dépasse ostensiblement du pantalon, la thune aussi. Riad lui au fond de la classe croque ce petit monde en observateur éclairé.
Tout fier de bosser pour « Hachettes Littératures » ( même si on ne comprend toujours pas ce qu'il fait dans une telle collection), Sattouf s'applique à nous servir un album entre le Bd-reportage et l‘étude sociologique. On y apprend à connaître le jeune des beaux quartiers dans son élément naturel: Marie-Charlotte raconte sa première pipe, Henri pense comme papa avocat d'affaire et Pierre pouffe en montrant son cul.
Pourtant on est là bien loin de la potacherie lourdingue. Même si le Dessin de Sattouf est toujours un peu caca, c'est plus la narration qui prime chez le garçon (déjà couronné à Angoulême du prix du meilleur scénario.) L'analyse est fine, souvent drôle, même si le dessinateur s'égare parfois un peu de son sujet.
Au final on se retrouve avec entre les mains un album un peu fouillis mais réellement agréable à lire.
On y découvre que les boutonneux des beaux quartiers sont des petits cons lourdingues.