Voir un mauvais film d'un réalisateur qu'on aime par-dessus tout, ça peut filer la haine ou l'envie de revoir ses autres chefs d'œuvres. Quant à moi, au sortir de la projection, j'ai opté pour la deuxième solution. Je suis donc rentrée chez moi pour une séance de Las Vegas Parano. J'ai alors pu faire les remarques que je voulais attribuer aux Frères Grimm : « Excellent ! Bravo ! Quel Génie ! », car le film est loin de mériter ce déluge d'éloges. Gilliam m'a trahie, poignardée dans le dos, trompée pour flirter avec Hollywood et ses comédies musicales… Tout semblait bien parti pourtant avec une scène d'ouverture très ingénieuse et la présentation des deux personnages principaux originaux et attachants… Et là ! Comme une claque, le premier air de déjà-vu : l'impression d'être dans Le Village de M. Night Shalayman. Je chasse cette horrible sensation d'un secouement de tête. Mais l'histoire patauge dans la boue : les deux frères se jouent de la crédulité de certains villageois pour leur faire croire à des exorcismes et autres chasses aux sorcières afin de se faire de l'argent (absolument aucun rapport avec Ghostbusters). Evidement, un jour, ils tombent sur une vraie histoire avec des vrais méchants, des loups garous et même un petit chaperon rouge (gloups ! l'amalgame avec le conte de Perrault). La forêt rappelle, elle encore, cette sensation de déjà-vu. Car oui, Terry aurait réutilisé la forêt de Sleepy Hollow ! L'action est lente, tirée par les cheveux. Les allers et retours entre la forêt et la demeure d'un hypothétique chef militaire français Munchausénien ne sont que prétextes à laisser à Jonathan Pryce (divin) le loisir de vanner les français.
« Film de commande », « Hollywood m'a tuer », il fallait bien un film à Gilliam pour se relever du fiasco de son Lost in la mancha.
Matt Damon et Heath Ledger se démènent admirablement pour donner du relief à leurs rôles, mais ils sont tellement clichés que c'est peine perdue. Heureusement, la scène de fin sauve le film avec une Monica Bellucci certes belle, mais figée et avec un accent italien qu'elle se borne à ne pas vouloir corriger. Soupir.