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Saint Jacques…La Mecque, de Coline Serreau.

Durée 1h52, avec Muriel Robin, Pascal Légitimus, Jean-Pierre Darroussin, Artus de Penguern…

Deux frères et une sœur; un chômeur alcoolique lascif qui sait toucher le cœur des femmes (Jean-Pierre Darroussin), un cadre hyper stressé hypocondriaque ( Artus de Penuern ), une prof de français syndiquée au caractère bien trempé (Muriel Robin)… Les frères et sœur fâchés se retrouvent unis dans la même galère, lorsque la seule manière de toucher l'héritage de leur mère défunte est de faire ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Quel cocktail explosif nous promet Coline Serreau en embarquant ces trois protagonistes, qui de surcroît sont loin d'aimer la randonnée, dans une aventure pédestre de deux mois !

A cela s'ajoutent deux jeunes filles bachelières; un jeune Maghrébin qui, éperdument amoureux de l'une d'elles, fait croire à son cousin naïf qu'il l'emmène à la Mecque pour apprendre à lire; une jeune femme sortant de chimiothérapie, cachant avec pudeur son crâne chauve sous un foulard; tout ce « joyeux » cortège sous la houlette d'un guide enthousiaste (Pascal Légitimus) qui gère mieux les pèlerinages que sa vie de famille.

Il faut bien sûr que l'aventure commence mal pour la plupart d'entre eux, afin que tout s'arrange et se délie… Les montées sont rudes, la fratrie se chamaille, se bagarre comme des enfants, les portables ne passent pas… Mais que la nature est belle, sur ce chemin de Compostelle!

On assiste avec délice aux aléas des randonnées et des nuits en gîte, petits tracas qui en font tout le charme. On goûte aux instants de bonheurs simples, comme l'arrivée au refuge, la bonne soupe après des heures de marche, le linge que l'on dépose à sécher sous la belle lumière des grands vents, le corps sainement fatigué…

Les personnages se découvrent les uns les autres, se redécouvrent, se détestent, se disputent et s'aiment... Chacun fait aussi son voyage intérieur, serpente et exorcise les jalousies, les rancoeurs, les remords… Les scènes et les dialogues, souvent cocasses, sont servis par l'interprétation pleine d'humour de Muriel Robin. Elle sait aussi nous émouvoir, lorsque son personnage au sacré caractère dévoile avec pudeur sa sensibilité. Daroussin est attachant en paumé irresponsable, Artus de Penguern est tout à fait dans le rôle et le jeu de Pascal Légitimus est très vrai dans sa simplicité.

Si certaines scènes et dialogues nous touchent et nous font rire, d'autres sonnent faux, jouent faux, avec ce « je ne sais quoi » de convenu à la française. Cette irrégularité agace parfois, et le film y perd en crédibilité. Les épisodes qui illustrent les rêves et les cauchemars de nos randonneurs sont parfois oniriques et drôles, mais souvent trop longs; on se lasse vite…

Cependant, au final, on pardonne ces dissonances, car cette bouffée d'air pur, ces splendides paysages et cette suée dans les montées de randonnée nous ont fait du bien. Saint-Jacques…La Mecque est un film simple et rassurant qui montre une image positive de l'homme où même celui qui semble être le dernier des imbéciles peut dévoiler un bon fond.

Même si ce film n'est pas révolutionnaire, 1h52 face à une aventure à l'air frais dont notre vie aurait souvent grand besoin pour se ressourcer, c'est agréable…

Caroline Pauchard

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