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Découverts en première partie des Hellacopters , les Firecrackers de Grenoble ont envoyé un sacré coup de tonnerre sur la planète TheFake. Volant presque la vedette aux suédois, Firecrackers a brillé par sa puissance, sa spontanéité et sa maîtrise. Le seul regret étant un set trop court d'à peine 40 minutes. Interrogé à la fin de leur concert, le leader du groupe Yann Poitou ne cache pas ses influences, éclaircit quelques points obscurs et s'explique tout simplement sur son groupe. Entretien donc…

TheFake: Quelle est l'histoire de Firecrackers, quand vous êtes-vous formés?
Yann (chant+guitare) : Nous sommes des amis de longue date de par notre attachement à la scène rock Grenobloise. En effet Denis (batterie) et moi, jouons respectivement dans “ Feverish ” et “ Elevate Newton's Theory ”, 2 groupes rock assez proches qui existent depuis plusieurs années. Jose (basse) est le fondateur du label pop rock electro “ 1 dimanche ” sur lequel se trouve “ Elevate Newton's Theory ” et Tony (guitare) en est le manageur.

Firecrackers est né il y a 1an et demi d'un désir commun de retour aux sources.

Vous venez de Grenoble, ville pas très réputée pour ses groupes rock'n'roll, comment vois-tu l'avenir de Firecrackers dans cette ville où il y a tout de même un potentiel énorme de par ses étudiants?
Je sais que Grenoble est surtout réputé pour ses groupes Reggae, mais cela ne reflète pas le paysage musical de la ville. Il y a énormément de groupes rock ici, une vraie scène existe, les groupes du label de Jose (“ 1 dimanche ”) en témoignent. Mais peut-être que les groupes reggae ont plus réussi à percer nationalement.

Je pense que notre avenir ici se présente bien, notre public grandit, il n'existait pas (ou peu ) de groupes de ce style dans la région et on s'est rendu compte que beaucoup de gens n'attendaient que ça ! Malheureusement la ville n'exploite pas cet énorme potentiel musical. Par exemple, des millions sont dépensés pour construire un autre stade de foot, alors que Grenoble n'est pas vraiment connu pour son équipe. Et paradoxalement il y a énormément de groupe rock et d'étudiants, et nous n'avons pas de salle de concert digne de ce nom, et ne parlons pas de la gestion des locaux de répétitions appartenant à la mairie. C'est dommage.

C'est à cause de cette frustration que vous avez crée un label ou une association?
Non, pas vraiment de frustration, juste une envie de jouer du Firecrackers. Composer, enregistrer ta démo, créer ta structure pour pouvoir la presser, organiser tes concerts… C'est le schéma classique du groupe indépendant motivé par sa musique.

Qui compose dans le groupe et quelle est la marque de fabrique de Firecrackers?
Nous avons plusieurs schémas de composition, ce qui nous ouvre plein de portes et nous permet de ne pas nous enfermer dans quelque chose.

Notre EP reflète d'ailleurs assez bien ça. Il y a certaines chansons que j'ai composées entièrement (certaines même avant que le groupe existe), d'autres sont nées ou évoluent en répétition et je les arrange ensuite.

Tony, l'autre guitariste, est notre “ machine à riffs ” ! Denis a pleins d'idées et débloque souvent les situations en répétition. Et Jose, compose aussi des chansons, qu'il chante en général.

Nous avons tous trouvé nos places assez rapidement dans le groupe et nous participons tous à la composition.

Vous avez joué dernièrement au festival Rock'n'poche et en première partie des Hellacopters à Genève, comment avez-vous vécu cette expérience alors que vous êtes à vos balbutiements?
On s'est dit qu'on avait eu incroyablement de chance ! Ca fait plaisir de voir des structures importantes qui ne te jugent pas sur le fait que tu n'existes pas depuis super longtemps ou par rapport au fait que tu n'as pas de label... Ils aiment ce que tu fais et hop il te font jouer, ça a été le cas pour Rock'n'poche et Les Hellacopters à l'Usine. Car en général, avec les festivals ou les gros concerts y a toujours des partenariats avec les maisons de disques ou autres. Autrement c'est géant de pouvoir faire autant de concerts si rapidement, mais il y a eu un travail de démarche derrière aussi. Personnellement, les Hellacopters est le groupe que j'ai le plus écouté et qui m'a le plus influencé ces dernières années, jouer avec eux était pour moi une sorte de fantasme, le truc que tu ne réaliseras jamais !

C'était une super expérience, de pouvoir les rencontrer et nous confronter à leur public.

Le groupe déploie une véritable énergie sur scène, d'où vient-elle?
De nos tripes, de notre envie de jouer cette musique.

Quelles sont vos influences?
Nous sommes de la même génération, nous avons tous écouté Guns, Metallica et autres pendant notre adolescence, nous avons tous eu à ce moment là nos parents qui nous ont fait découvrir leurs groupes rock à eux (Led Zeppelin, Thin Lizzy…). Tony est un fan irréductible de speed métal, Jose pourrait écrire plusieurs livres sur AC/DC. Quand à moi j'aime beaucoup la nouvelle scène (Nashville Pussy, Datsuns Gluecifer…). Ca fait beaucoup d'influences.

Nous essayons au maximum de mêler tout ce que nous écoutons, du vintage 70's hard rock à la nouvelle scène High energy rock'n'roll.

Est-ce dans vos prévisions l'enregistrement d'un disque?
Evidemment !!

Le EP “ She Demon ” est sorti cet été et il est encore tout neuf.

On refait le stock de compos, et hop, on est repartis pour un enregistrement !

J'ai toujours grand espoir de sortir d'ici là un 45t, car nous sommes tous super fans de vinyles. On verra selon notre situation.

Vois-tu ton groupe "exploser" en France ou dans les pays anglo-saxons?
Si par exploser tu entends passages radio, clips…et donc maison de disques, malheureusement non ! Les majors ne te signent que s'ils peuvent te “ modeler ” par la suite, Denis notre batteur en a fait les frais avec son autre groupe quand ils étaient chez Barclay. De plus pour qu'une major te signe en France, il faut que tu chantes en français (à cause de notre belle loi sur les quotas de chansons françaises qui doivent passer en radio). Et personnellement, je trouve que ce genre de musique n'est pas fait pour être chanté en français. Dans les pays anglo-saxons ce serait possible, mais les labels signent rarement des groupes de pays étrangers, car pas évidents à gérer pour eux. En fait, on fait tout simplement notre musique en s'investissant le plus possible et en essayant de jouer dans le plus d'endroits possibles, et puis le reste, on verra bien... !

Libre à toi, tu as l'occasion de pousser un coup de gueule, de t'exprimer sur un sujet qui te tient à coeur, de poser une question ou même d'insulter quelqu'un que tu détestes?
Ca va, j'ai déjà mis tout ça dans l'interview et les gens que j'déteste je préfère les ignorer, ça leur ferait de la pub.

Je vais profiter des lignes que tu m'offres pour faire des remerciements aux gens qui nous soutiennent au quotidien, le public qui vient à nos concerts, aux gens qui organisent ces concerts et qui font vivre la musique indépendante, à toi de t'intéresser à nous et enfin à tous les groupes qui nous soutiennent et les gens qui nous ont aidsé : Melk, Elevate Newton's Theory, Feverish, Jerry Spider Gang, Heidi Van Horne pour avoir accepté d'être sur notre pochette, Topsy de Art Tribal Tattoo à Lyon pour le logo, Fred Lefranc… entre autre.

website: www.wearefirecrackers.com

Julien GARRIC

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