Aborder l'electro jazz de manière objective est une entreprise délicate. A travers une multitude de groupes et des frontières mal définies aux limites de l'électro pop, de la drum'n'bass, de la house, d'une easy listening améliorée, d'un hip hop bidouillé ou d'un énième revival fonky, le jazz dit moderne ressemble un peu à un fourre-tout des musiques contemporaines.
Les compilations Future Sounds of Jazz ont vu le jour en 1994. Pas évident d'imposer un nouveau volume alors que franchement l'électro jazz n'a pas tellement évolué depuis 10 ans. L'album est parsemé de nappes de synthés, le genre de virus new age inventé par Peter Gabriel qui rend malade. Quand au moog utilisé à tout va, parce qu'on a encore rien trouvé de plus moderne, l'auditeur s'en lasse très vite croyant entendre des clones croisés de St Germain et Daft Punk.
La compilation s'écoute, cependant, très bien dans son ensemble et met tout le monde d'accord dans une soirée.
Deux morceaux sortent du lot et il faut attendre les deux dernières plages pour les découvrir. « Terms and conditions apply » de General Effects est une petite merveille électronique au croisement d'un dub classieux et d'une comptine pop minimaliste.
Sebastien Tellier clôture ce volume 10 en beauté avec « La ritournelle ». Un thème de 7min 55 empruntant les voix cinématographiques d'un certain Serge Gainsbourg. « La Horse » ou peut-être « Cannabis », il y a cette production « wall of sound » digne des arrangeurs de l'Homme à la tête de choux (Vannier, Colombier) ou piano majestueux, cordes somptueuses, basse début seventies et batterie groovy se mélangent pour la beauté d'une perle.
Une bonne compile pour vos copines déjà ridées en fac de droit !!!!!!