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NMS - Imperial Letters of Protection

Avec cette nouvelle fournée de NMS, Bigg Juss et Orko Elohiem reviennent souffler dans les bronches de l'establishment US. Les « Nephlim Modulation Sessions » se veulent assez virulentes voire très énervées , à l'image du « Woe to Thee » paru en 2003. Soit un rap aux instrus déstructurés, atonaux, sombres et finalement assez « noisy ». Des productions qui collent assez bien aux textes et à l'esprit des deux trublions. En gros le monde va mal, très très mal, et à leurs yeux les occupants de la maison blanche y sont pour beaucoup. Au regard de la conviction qu'ils mettent dans leur phrasé, on serait tenté de les croire, sous peine d'être mordu.

Dans la lignée de company flow ou d'antipop consortium le rap de NMS semble difficile d'accès de prime abord. Mais à l'instar d'un album de Miles période electro trippé, c'est en passant la première phase de fébrilité auditive que l'on découvre tout le talent et la créativité. Bon je ne suis pas tout à fait persuadé qu' « Imperial Letters of Protections » aura le même impact que « Pangea » ou « On the corner » mais ce n'est pas le propos.

Dans cet opus, Jus et Orko affirment leur propre identité sonore. Il en ressort quelques titres qui gagnent à être écoutés et réécoutés à l'instar du survolté « électrical seizure », ou du plus posé « hold the atmosphère ».

Un disque digne d'intérêt donc pour les adeptes du rap avant-gardiste. Les autres prendront deux aspirines...

François Guinle

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