Comment peut-on à un âge mûr être aussi prolifique? Quelle est sa recette? Quel est son secret? Alors que certains tombent dans l'oubli ne comptant même plus leurs rides, Paul Weller revient avec "As is now", opus éclectique qui ravira les inconditionnels des Jam. Quelques temps auparavant, Paul clamait que le "punk ne valait pas grand-chose et qu'il regrettait d'en avoir joué". A l'écoute de ce nouvel album, Monsieur Weller semble être revenu sur ses déclarations.
En 14 chansons, le Modfather retrouve l'essence des Jam sur "Come on/let's go" et sur "From the floorboards up", poursuit le sublime chemin qu'il avait parcouru avec "Illumination" avec les titres "Paper track" et "Here's the good news".
Mais c'est un profond changement qu'opère Paul Weller en se révèlant mélancolique, émouvant sur des titres comme "Pan" et sur "I wanna make it alright" ou sur l'époustouflant de finesse et d'émotion "the pebble and the boy" dernier titre de l'album où Paul Weller, seul au piano, accompagné de sections de cordes, nous tire presque une larme de l'oeil.
Son timbre de voix rauque si particulier montre une fois de plus sa suprématie. Je me souviens qu'une fois, à l'écoute de son fameux titre "Wild wood" sur son album éponyme en 1993, ma mère entra dans ma chambre pour m'interpeller: "Qui chante cette si belle chanson? Est-ce Joe Cocker?" Je ne pouvais que répondre: "Non, c'est le grand Paul Weller..."