Les Hollywood Porn Stars auraient pu être dans une autre vie le sens premier de leur appellation. Mais cette affaire Liégeoise a plus des allures de machine à tubes Rock n'roll, quoiqu'une vie est longue. Avec un premier album « Year of the tiger » (chroniqué dans le numéro du mois d'Août) le groupe n'est pas tombé dans le vent garage actuel mais délivre une énergie folle en live. Bon d'accord il y a un peu de classe sixties, mais Hollywood Porn Stars fait preuve de modernité sans révolutionner pour autant le rock. Hymnes nostalgiques, guitares fiévreuses, ou « star fucker » attitude, tout ceci est normal quand on fait du X rock interdit au plus de 18 ans.
Rencontre rose avec ces demoiselles Hollywoodiennes…
Vous venez de sortir votre premier album « Year of the tiger », et cela fait à peine deux ans que le groupe existe, comment vous pourriez vous définir ?
Anthony : Le groupe a démarré de manière scabreuse, on ne s'est pas rencontré pour former un groupe comme tout le monde le fait d'habitude. On avait tous des projets parallèles qu'on continue d'ailleurs à faire tourner. Hollywood porn stars est né à la base pour faire un concours. Red boy et moi, on s'est rencontré pour faire une maquette très rapidement. Il y avait une forme de concept dans Hollywood porn stars. On a recruté un batteur et un bassiste et on ne devait faire qu'un seul concert mais on s'est vite aperçu que les choses tournaient très bien. On a décidé de continuer, on a remporté le concours puis on a pu faire des enregistrements. Mais à la base c'est vraiment quelques choses de très spontané et c'est une surprise.
Et c'est peut être la meilleure manière de monter un groupe ? Anthony : Nous on n'a jamais pensé à ça et tout est venu tout seul mais c'est aussi de la chance. On a fait de la musique d'une manière très libérée. Attention, on est pas chez nous en train de rien foutre mais on a du bol parce qu'on est venu nous chercher et on pensait pas arriver jusque là.
Ce nom un peu sexe, ça vient d'où ? Anthony : On avait le nom du groupe avant même d'avoir fait la première répétition donc ça rentre encore dans notre concept du à ce concours. Ce qui nous faisait triper c'était de s'imaginer la tête des gens en voyant le nom de ce groupe sur l'affiche. On a travaillé sur un graphique et une imagerie. De même que nos textes s'inspirent du côté sournois et sombre d'Hollywood.
Au niveau de vos influences, vous ne sonnez ni anglais ni américain, et pourtant vous faites du rock c'est un peu ce qu'on retrouve chez tout les groupes belges, il y a quelques choses de nouveau. Pour une fois que j'ai des belges sous la main, expliquez moi ça? Anthony : On est un pays bâtard
Eric : Ouai, c'est ça, on est proche de l'Angleterre, et on est dans l'Europe donc ça brasse pas mal. On est influencé par pleins de trucs. Je ne pense pas qu'il y ait un son belge comme il y a un son anglais ou américain.
Anthony : Disons que l'identité belge est en train de se construire.
Eric : En fait c'est ce son bâtard qui est le son belge. Des groupes comme Deus ça se sent qu'ils ont écouté beaucoup de trucs américains et puis il y a la langue, on chante en anglais.
Oui d'ailleurs au niveau de l'accent, ça se passe comment l'anglo belge ? Anthony : Non, ça va on a pas eu de problèmes avec ça, les deux chanteurs ont eu des cours d'anglais à l'école. Et on n'est pas français !!! (Rires) Chez nous on parle déjà trois langues donc tu t'habitues dès que tu es petit à entendre les choses différemment et puis le Liégeois est une langue en soi. (Rires)
Vous avez joué en première partie de Primal Scream, comment ça s'est fait ? Anthony : Ca c'est fait d'une manière un peu bizarre. On venait de remporter le concours après trois mois d'existence et on a gagné une participation au Festival de Dour qui nous ont programmé tard à l'affiche et c'était génial pour nous et là bas on a rencontré une attaché de presse qui travaillait en Angleterre. Quand elle est retournée à Londres, elle a parlé de nous. Un programmateur d'une salle a été intéressé et il programmait Primal Scream en concert privé. Il nous a mis en première partie. On s'est retrouvé à Londres après cinq mois d'existence et c'était génial.
Maintenant vous n'êtes pas là par hasard, le groupe a une véritable vie, vous tournez donc c'est carnaval ? Anthony : Oui on passe beaucoup de bons moments. Après il y a toujours les heures de route interminables entre les concerts et les problèmes de sommeil des uns et des autres
Mais on ne se plein pas du tout, c'est super tout ce qui nous arrive. J'ai horreur des gens qui peuvent se plaindre dans ce métier, on a une chance inouïe. Puis une fois qu'on est sur scène, on fait abstraction de tout.
Le prochain disque? Anthony : On a de la matière mais on ne répète jamais, on est beaucoup sur la route, je crois qu'en Octobre on a deux semaines de libre donc on va s'y mettre tranquillement. On ne va pas attendre mille ans pour en faire un deuxième ça c'est sur mais on veut faire les choses biens.