Soirée Pop'n Punk de Montreux au Miles Davis Hall le mercerdi 6 juillet.
Sur l'affiche de la soirée Pop'n Punk, Big Pants, l'outsider qui a démarré les festivités nocturnes n'était pas annoncé. Drôle de surprise pour la foule de voir arriver seul sur scène ce jeune homme à l'air débraillé, armé de sa guitare, de son lecteur CD et de sa bière. Dans le même temps, c'était amusant (car il avait un solide sens de l'autodérision à vouloir assurer son one-man-no-band show) et pathétique (son lecteur en backup, un jeu de guitar hero/gimmick peddler... )...mais Big Pants, c'est bien la preuve par neuf que par ces temps qui courent, si tu peux faire de la zique en solitaire chez toi, et si t'en as dans le froc, tu peux la jouer tout seul comme un grand sur scène.
Déboulent ensuite The Others. Who the hell are they? Encore un des ces groupes ersatz des Libertines qui ont fleuri dernièrement comme de l'acné sur un prépubère (plus précisément sur le label Poptone d'Alan McGee). Par ailleurs, le chanteur Dominic Masters mimique à souhait Pete Doherty, avec cette même candeur juvénile éthyliquement (voire chimiquement) ammorcée. Masters s'agite comme un enfant hyper-actif qui n'a pas eu sa dose de Ritalin par rapport à son band (stoïque), perdant son froc jusqu'à ce qu'une bonne âme ne daigne lui lancer une ceinture sur scène...Vouais, leur rock vitrifié n'a pas fait d'émeutes devant un public sceptique et impatient de voir arriver les New-Yorkais.
Et The Bravery débarquent sur scène, il y a comme un sursaut hormonal dans le public féminin. Tout vêtu de noir, eye-liner dégoulinant, Samuel Endicott jouera des hanches pour attiser l'hystérie progestérienne provoquée par la grosse batterie disco-rock et le flot de synthés eighties du groupe. Après un "Out Of The Line" sensuel, entrée en matière plus rock sur "Swollen Summer" avec un Michael Zacharin surexcité à la guitare et aux choeurs. Le public danse, sautille, bondit sur "Public Service Announcement", le chanteur rugit dans le micro du fond de ses tripes sur "Honest Mistake", puis explosion de la section rythmique sur les derniers "Unconditionnal" et "Fearless". Stop, jump and roll!
Ambiance d'adoration mystique digne d'un club de foot anglais pour Kasabian avec une manifestation bien sonore des hardcore fans anglophones aux premiers rangs (dont deux arborant fièrement le maillot du Leicester FC)...vous connaissez cette espèce, signes disctinctifs : connaissance encyclopédique de l'historique du groupe; transe, cris, voire pleurs lors du passage de la chanson préférée; matraquage d'anecdotes concernant le groupe entre les songs...et après on ose vous dire que les véritables fans sont morts et enterrés....A l'image de l'album, Kasabian dégage sur scène une animalité puissante. La basse de Chris Edwards vibre dans les tripes, les voix de Thomas Meighan (qui se prend au jeu du messie sonique, nous assénant de ''God bless you!'' à la fin de chaque chanson) et de Serge Pizzorno font planer et le son monte en puissance tandis qu'un public en pleine ferveur chante en choeur. Temps fort et primal sur ''Reason Is Treason'' (K-I-L-L!), classe nonchalante sur ''Processed Beats'', un "L.S.F." hypnotique et climax final sur "Club Foot".Moment poignant et sans doute le plus marquant sur ''U-Boat'' où chante Sergio le guitariste, nous invitant quelques trops courts instants dans une ambiance intimiste...De loin, le groupe le plus marquant de la soirée, Kasabian en live is fucking delicious!